Toulouse : l'extension dans le vide ?



Rarement affaire a été aussi mal lancée. Vous l'avez appris par la presse – puisque Radio France refuse encore de communiquer (!!!) : France Bleu Toulouse est devenue depuis mardi France Bleu Occitanie.
 
Ce changement de nom est censé refléter le nouveau projet de la station, un projet dont la direction de Radio France vante l'importance pour France Bleu. Pourtant tout semble fait, au contraire, pour plomber définitivement le travail d'une équipe qui se défonce pour faire vivre sa station depuis 7 ans.

► LIRE | Lettre ouverte des personnels de France Bleu Occitanie
 

Adieu 90.5

Radio France a enfin obtenu l'attribution par le CSA des fréquences qu'elle attendait dans le sud de la Haute-Garonne, dans l’Ariège et le Gers. Ce qu'elle a oublié de nous dire, c'est qu'en échange elle a accepté de rendre la fréquence de la station à Toulouse (un autre émetteur de ville lui a été attribué) et que cette fréquence a été donnée au concurrent le plus sérieux de France Bleu : Radio 100%  !
 
Le nom de cette radio ne vous dit peut-être rien mais elle couvre une zone de Pau à Béziers et d'Agen à Perpignan et revendique 157.000 auditeurs.  Son succès, 100% le doit peut-être au fait qu'elle a positionné des journalistes dans les villes où elle émet. Radio France, en dépit du bon sens et de ses engagements, renonce au contraire à installer des reporters en résidence (RER). La raison ? Ce serait trop cher… Donc Radio France ne peut plus dépenser 300 euros par mois, montant de l'indemnité à verser à un journaliste qui accepte d'installer un bureau à son domicile, plus éventuellement le prix d'un Numéris pour les directs.
 
Autre recul : la station n'a pas le poste supplémentaire d'animateur (PARL) qu'elle avait demandé pour permettre la mise en place d'un jeu itinérant sur le type du "jeu des mille euros". Remarquez, avec deux voitures de reportage seulement pour les programmes et la rédaction, il aurait dû circuler en bus…
 

7 départements à 7

France Bleu Occitanie devient la première radio régionale du réseau à émettre sur 7 départements et la locale la moins dotée (7 postes de journalistes) pour le territoire le plus vaste. On devrait d'ailleurs dire 6 journalistes puisque le 7e poste est volontairement non pourvu, mais occupé par un CDD, depuis six mois.
Ça promet pour l'ouverture de Lyon fin 2018-début 2019.
 
Le projet de radio régionale est censé arriver à maturité en septembre prochain, mais le directeur annonce dès maintenant, dans la presse locale, que "tous les journaux seront régionaux"*.  
 
Mais dans ces conditions, comment espérer faire connaître France Bleu là où la radio n'a encore jamais émis ?
Sans RER, comment imaginer recueillir de l'information auprès d'interlocuteurs qui ne verront pas ou à de très rares occasions les journalistes ?
Comment songer à être crédibles face à une concurrence qui nous attend de pied ferme ?
 
Et puis, "régionaliser" n'est en rien une ligne éditoriale. Dans un journal de 7 minutes, comment faire vivre une région d'une telle taille et l'actualité d'une grande ville comme Toulouse ? La rédaction attend toujours de connaître le projet éditorial qu'elle est censée appliquer.
 

Le nom lui-même de la station pose question

Plus aucune référence à Toulouse et surtout une appellation "Occitanie" qui fait dresser les cheveux sur la tête des personnels de France Bleu Gard-Lozère, France Bleu Roussillon et France Bleu Hérault, qui font, elles aussi, partie de la région Occitanie.
 
D'ailleurs, cette précipitation, ce projet sans aucun moyen, ne sont-ils pas des signes à ceux dont la volonté est de nous rassembler en commençant par une collaboration/fusion avec France 3 dont l'organisation est régionale ?
 
 
* extrait de l'article paru dans Actu Toulouse


14 Décembre 2017
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