Quand la direction de France Bleu impose Macron au bulldozer



Bravo à nos collègues de France Bleu Provence d’avoir décroché une interview exclusive d’Emmanuel Macron ce vendredi. C’était un beau coup pour l’antenne locale d’avoir le bilan du président de la République à la fin de ses trois jours de visite à Marseille.
 
Mais la direction du réseau a décidément du talent pour transformer l’or en plomb : elle l’a prouvé cette fois en imposant aux 43 autres locales de France de diffuser l’intégralité de cette interview (5’14’’) dans la matinale de samedi.
 
L’oukase a été envoyé aux rédacteurs en chef tard dans la soirée de vendredi (au mépris d’ailleurs du droit à la déconnexion). On savait déjà le peu de cas que la direction parisienne fait de l’avis des cadres de ses stations, c’est maintenant plus clair : ils n’ont pas leur mot à dire.
 
L’ordre reçu par les matinaliers donnait généreusement le choix de l’horaire de diffusion, entre 7 et 9 heures. Dans de nombreux cas, c’est un des journaux de la demie qui a sauté : 5 minutes d’information locale ont été remplacées par 5 minutes d’Emmanuel Macron.
 
 

Injustifié, brutal et dangereux

 
 
Ces méthodes brutales ne sont même pas au service d’une décision éditoriale logique. Les questions comme les réponses ne parlent en effet que de Marseille (et c’est normal pour une interview réalisée par une locale pour elle-même !).
 
Il a donc fallu casser les formats et mettre des reportages à la poubelle pour entendre qu’Emmanuel Macron a reçu un maillot de Dimitri Payet et qu’il possède déjà une dizaine de maillots de l’OM. En quoi cela est-il censé intéresser à Périgueux, Lille, Reims, Laval, Chambéry etc… Où est la proximité et quelle est la plus-value pour nos auditeurs ?
 
Une interview du président de la République qui s’ajoute, durant cette même semaine, à celle de trois membres du gouvernement à la mi-journée. Pendant ce temps, des journalistes de France Bleu sont traités de "collabos" dans les manifestations anti passe sanitaire, accusés d’être aux ordres du gouvernement.
 
Doit-on répondre à ces accusations « nous non, mais la direction du réseau oui » ?


4 Septembre 2021
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