Précaires : Les propositions du SNJ



I Principes généraux

L’accord signé en juin porte sur la mise en place « de modalités précisées et améliorées de traitement et de suivi professionnel des salariés en CDD ». Autrement dit sur la mise en place de règles nouvelles qui régiront leur emploi, et leur vie professionnelle.
Dans ce cadre, et afin d’exprimer fortement la volonté d’en finir avec un système dommageable pour l’entreprise et pour les intéressés, et de corriger à l’avenir ces dérives, la Direction et les Syndicats sont tombés d’accord sur la création de 45 postes.
Il y a deux aspects dans cet accord : la correction des dérives passées, à l’aide de régularisations, donc d’embauches, et pour l’avenir un engagement clair qui évitera leur récidive.
Le SNJ prend date et alerte la Direction. Faute de volonté pour établir de nouvelles règles nous retomberons dans les travers précédents. Les causes entraînant mécaniquement les mêmes effets, l’abus de précarité reprendrait, et il faudrait créer cinquante nouveaux postes à l’horizon 2008. Il va de soi que le SNJ en ferait sa priorité.

II Mise en oeuvre

DIFFICULTE : PASSER DU STOCK AU FLUX

La principale difficulté sera de passer du système actuel (où les CDD ont été stockés en dehors de toute règle rigoureuse) au système futur où les CDD tourneront pendant un temps donné, en leur assurant des garanties proposées au chapitre III.
En clair, comment traiter les actuels précaires ? Autrement dit comment organiser les embauches et les refus d’embauches sans laisser courir le temps, sans créer de nouvelles situations inextricables qui entraînent de véritables drames humains.


EMBAUCHES : UNE URGENCE, ALLER VITE

L’accord prévoit que les embauches auront lieu sur une période de trois années.
Il doit être respecté, puisqu’il s’agit d’une contrainte budgétaire.
Mais il doit être géré d’une façon originale. L’idée de lancer des vagues de consultation, entraînant des vagues de mobilité, qui laisserait ensuite des postes à une vague de CDD conduirait mécaniquement à la perpétuation de notre système actuel. Prenons le cas d’un « CDD Jean ». Jean Postulera par exemple à Nantes en décembre. En février Nantes sera donné à un titulaire. Il postulera donc sur l’ancien poste du titulaire, ouvert au mieux en mars.

Résultat des courses en mai. Jean aurait une chance sur trois ou quatre. S’il n’avait pas le poste, il se dirait sans doute que la prochaine vague de 10 serait la bonne en 2007.
On voit où nous conduit cette espérance.
En 2008, fin de nos embauches, certains des CDD en place depuis trois ou quatre ans, auraient trois ans d’ancienneté supplémentaire. Ou bien on les aurait liquidé en douce, ce qui serait contraire au bon esprit de l’accord de juin 2005, ou bien il faudrait les embaucher mécaniquement, ce que le SNJ réclamerait et que les tribunaux accorderaient.
Il faut donc oublier l’exemple des 35 heures, et de leur procédure d’embauche progressive, et trouver un système incontestable.
Les trente cinq heures étaient des embauches pures et simples.
L’accord sur les précaires conduit à des « régularisations », ce qui n’a rien à voir.

Il faut désigner dès que possible la liste des 45 admis et donc celle des recalés.
Comment ? En organisant avant la mi-novembre une « paritaire » La direction présentera une liste de 45 noms, et une liste d’attente d’une dizaine de noms. Une fois discutées avec les syndicats, la direction ayant naturellement le dernier mot, ces listes seront publiées. .
Les bénéficiaires seront invités, au vu de la liste des postes, à établir leurs préférences. La direction les mutera selon des procédures qu’elle choisira. En cas de refus le poste sera proposé à la liste d’attente.
Les journalistes qui seront dans les 45 seront sûrs d’être embauchés. Ils resteront CDD, avec assurance de le rester, jusqu’à leur nomination.

Cette procédure a un inconvénient (elle centralise les décisions). Mais elle permet d’apurer immédiatement la situation.
Ceux qui n’auront pas été choisis auront le choix entre deux solutions : des licenciements avec une indemnisation au prorata ; soit tenter leur chance dans le nouveau système.

Seul un système rapide de désignation des embauchés, et donc des recalés, permettra de passer à ce qui est le cœur de notre négociation : la mise en place d’un nouveau système de gestion des CDD.

III Une chance pour la mobilité

  • La désignation des 45 journalistes embauchés, dès le début de la procédure est d’autant plus nécessaire que cette création de postes est une grande chance pour la mobilité interne. Les titulaires auront priorité sur les postes, comme le souhaite la direction. La liste des postes définitivement libre sera donc longue à se dessiner. Le système de désignation rapide proposé par le SNJ a donc un triple avantage : 1) livrer sans tarder des décisions qui sont attendues anxieusement. 2) passer sans retard catastrophique d’un mode de gestion à l’autre. 3) Donner à la mobilité autant de temps que nécessaire.

  • Pour favoriser la mobilité vers Paris, et éviter que d’inévitables CDD de longue durée ne se traduisent par des embauches automatiques dans les radios nationales, au détriment de l’espérance des collègues des locales, le SNJ propose une idée simple : Tous les remplacements à Paris seront effectués par des titulaires volontaires venus des locales. Ces titulaires seront naturellement remplacés dans leur locale par un CDD pendant l’intégralité du temps où ils seront à Paris. Les avantages de cette « tournante de titulaires » sont immenses. Ce dispositif rapprocherait considérablement Paris et la Région. Il donnerait leur chance, et en tout cas de l’air, aux confrères des locales, qui pourraient faire valoir leurs compétences à d’autres périodes que pendant les vacances estivales, où le rythme de travail est ralenti.

  • Enfin l’itinéraire décrit aux embauchés des locales (station d’intégration, grosse locale, et Paris éventuellement) pourrait être respectés. Le seul obstacle à cette mobilité serait une question de remboursement frais. Le SNJ considère que cet obstacle est mineur, voire négligeable, en regard des avantages.

IV La nouvelle gestion des Précaires

PRINCIPE GENERAL

Les syndicats admettent que la précarité est nécessaire à la vie par essence imprévisible des rédactions.
Mais elle doit être réduite à son strict minimum, rester un appoint et ne plus être un mode de fonctionnement.
De son côté, la direction de Radio France reconnaît qu’ayant un absolu besoin d’un certain nombre de jeunes journalistes, mais étant dans l’impossibilité de leur promettre une embauche, elle doit s’engager à les traiter dans la transparence. Elle doit aussi faire en sorte que leur passage à Radio France, s’il ne se concrétise par une embauche en CDI, soit au moins une source de renforcement de leurs compétences journalistiques dans tous les domaines. Elle doit enfin travailler à cet objectif en s’en donnant les moyens.
Les CDD étant forcément une source d’espoir (donc de tromperie potentielle), Radio France s’interdira d’entretenir cet espoir aux seuls fins de boucher les trous de ses plannings. Passé un délai fixé par cet accord, le CDD acquerra un « label » (c’est-à-dire les qualités reconnues pour poser une candidature) ou se le verra clairement refusé.


NATURE DE LA PRECARITE

Nous avons actuellement des pigistes et des CDD.
Ils font la plupart du temps le même travail. Ils sont payés à la journée. C’est malsain. La pige est en réalité, dans une grande proportion, une manière de payer au lance-pierre des gens qui sont en fait en CDD
Le SNJ propose de réduire la pige à ce qu’elle doit être : une prestation ciblée (une retransmission, un son, un papier), ou une urgence. Tout le reste (conduite du soir, vacation à la demi-journée, au quart de journée, à la journée) doit correspondre à un CDD.
Il s’ensuit que les budgets piges devront être réduits, et les budgets CDD augmentés.


EMBAUCHE DES PIGISTES ET DES CDD

Les embauches se feront localement pour les pigistes (dans les limites précisées par le chapitre précédent, qui prévoit que le recours à des pigistes sera extrêmement limité).
Pour les CDD correspondant à nos actuelles piges payées à la journée ou la demi-journée, les embauches pourront se faire soit nationalement, soit localement (pour des raisons pratiques)
Ces CDD locaux suivront le cursus des autres CDD, à l’image de ceux qui font actuellement partie du « planning »


LABELLISATION DES CDD

Pendant six mois (six mois de travail effectif soit 25 semaines de contrat environ) les CDD seront jugés par leurs rédacteurs en chef, et par l’échelon central, grâce notamment à l’actuel rapport de CDD. Ils devront avoir été testés sur tous les postes, présentation, reportage, conduite, etc.
Au bout de ces six mois, ils seront jugés par un jury mis en place par la Direction. Les partenaires sociaux seront informés de sa composition et de ses décisions.
Ce jury leur décernera, ou leur refusera, un label. Ce label signifiera que son titulaire dispose des compétences lui permettant de poser sa candidature à une éventuelle embauche, si un poste était ouvert.
Ceux qui n’auront pas obtenu le label seront informés que Radio France ne les embauchera pas. S’ils le souhaitent ils pourront assurer des CDD de dépannage, sur certaines périodes courtes, sans perspective d’embauche.


VIE DES CDD LABELLISES

Le CDD labellisé sera informé que Radio France pourra lui proposer deux années de contrats (soit grosso modo 80 semaines de travail). Passé ce délai, Radio France ne proposera plus de contrats.
Il sera informé que l’emploi de « CDD labellisé » ne garantit pas l’embauche. L’emploi reste précaire.
En revanche Radio France s’engage à mettre en œuvre les dispositions suivantes :

  • Les contrats seront accordés, en fonction des compétences souhaitées par les rédactions, aux plus anciens labellisés
  • Le CDD labellisé deviendra, pendant la durée de ses contrats, un journaliste équivalent aux autres, avec tous ses droits, et toutes ses obligations. Aucun « rapport de CDD » ne le sanctionnera plus, puisque la notation des journalistes est contraire à l’exercice de cette profession. Les seules fautes qui conduiraient à raccourcir sa promesse de travail de deux ans, seraient les mêmes que celles qui vaudraient le licenciement à ses confrères CDI, suivant les mêmes procédures.
  • Radio France ne pouvant garantir une embauche et limitant la durée de collaboration des CDD, elle facilitera la recherche de travail du CDD. Exemple : un CDD labellisé depuis un an et demi. Une offre d’emploi temporaire lui est proposée dans un autre média. Il pourra l’accepter et son retour à Radio France lui sera assuré pour la durée encore garantie par son label, soit six mois dans son cas. Cette disposition, outre l’avantage social qu’elle présente, enrichira progressivement les rédactions, trop souvent composées de journalistes ne connaissant que Radio France.
  • Radio France ne pouvant garantir une embauche et limitant la durée de collaboration des CDD, elle s’engagera à mettre en œuvre, en leur faveur, une politique de formation ambitieuse et volontariste. Les CDD labellisé terminant leurs deux années à Radio France devront pouvoir postuler dans tous les secteurs de la profession, radio naturellement, mais aussi télévision sous toutes ses formes (plateau, reporters, reporters d’image), et naturellement multimédia. Les deux années de contrat comporteront donc un nombre important de semaines de formation. Il sera discuté par les syndicats et la direction.
  • Radio France mettra à la disposition des CDD labellisés une adresse internet personnelle qu’ils conserveront pendant trois ans après la fin de leur dernier contrat. Grâce à cette adresse, Radio France leur communiquera les ouvertures de postes ; ils seront autorisés à postuler pendant cette durée de trois ans.


BAREME DE PIGES, SALAIRES DES CDD

  • Pour les piges, le barème actuel est caduc. Son niveau serait comique s’il était matière à plaisanterie. Il faut naturellement le réévaluer. Le SNJ propose que la journée de piges soit rémunérée à 100 euros pour les titulaires de la carte de presse. Les autres piges devront être calculées à partir de ce barème, selon les mêmes proportions que le barème actuel. Il va de soi que le budget de piges alloué aux rédacteurs en chef devra être augmenté dans l’exacte proportion de cette remise à jour.
  • Pour les CDD, il faudra en finir avec l’enchaînement de contrats de plusieurs jours consécutifs au même endroit, ou avec les acrobaties consistant à payer cinq jours ce qui équivaut à une semaine.


TEMPS DE TRAVAIL ET CONTRATS

  • Les CDD dépendant naturellement de la Convention Collective des Journalistes de Radio France et sont régis par les mêmes accords. Par conséquent, leur temps de travail sur une semaine est de quarante heures, avec récupération effective des trente cinq heures.
  • Aucune acrobatie comptable ne doit aboutir à des calculs alambiqués faisant varier le nombre de jour en fonction d’une durée aléatoire de la journée de travail ou du positionnement des congés hebdomadaires dans la semaine.
  • Aujourd’hui, un CDD travaillant du lundi au vendredi, puis prenant ses deux jours de congé hebdo, a un contrat de cinq jours. Un CDD qui travaille aussi cinq jours, en prenant le mercredi et le jeudi de congés, a un contrat de sept jours. Le SNJ fait actuellement analyser la légalité de ces contrats variables par ses conseils juridiques.
• Les demi-journées de travail dureront quatre heures, y compris et surtout s’il s’agit d’assurer une conduite (qui s’achève à une ou deux heures du matin les soirs de match) ou une matinale.
  • Les heures de nuit seront payées, au même titre que pour les titulaires.



REMBOURSEMENT DES FRAIS

  • L’attribution de frais de déplacement sera normalisée. Ce chapitre est l’objet d’une série d’anomalies. Première anomalie : les CDD habitant en province ne perçoivent pas de frais de mission lorsqu’ils effectuent un contrat à Paris. Cette situation doit prendre fin au plus vite et les contrats à Paris être indemnisés de la même façon que tout autre contrat à Radio France.
  • Se pose ensuite le problème de la durée et du montant du remboursement des frais. Suivant les villes dans lesquelles ils sont envoyés, les CDD sont contraints au squat ou au camping. Proposition du SNJ : les CDD étant des journalistes comme les autres, ils ont droit au même système de remboursement que leurs collègues CDI : soit l’indemnité telle qu’elle est prévue, soit le système de réservation BSI.
  • Ces frais devront, de plus, inclure systématiquement la nuit précédant la prise de poste, et, en cas de service finissant tard, ou de conduite, la nuit suivant la fin du CDD. Comment arriver à l’heure, à 9 heures ou en matinale, si l’on ne dort pas dans la ville de la radio ? Comment rentrer chez soi si l’on termine après 20 heures, voire dans la nuit ?
-Pour les
  • CDD de longue durée, c’est à dire au-delà d’un mois, Radio France doit s’engager au remboursement du loyer dans la ville de la mission. Les CDD, par nature mobiles, ne peuvent pas être contraints à payer deux loyers, celui de leur domicile et celui de la ville de leur mission.
  • Autres anomalies criantes. Un pigiste travaillant par exemple à Aix en Provence est envoyé en renfort à Toulon, micro-station qui dépend de France Bleu Provence à Aix. Il ne touchera pas d’indemnité puisque les frais ne sont pas remboursés du domicile au lieu de travail ! Deuxième expérience vécue : une station fait appel à un pigiste qui habite à l’opposé du département pour faire du reportage dans cette zone. Le pigiste doit donc utiliser sa voiture personnelle mais n’est pas remboursé de ses frais. Pour pallier cette anomalie, le SNJ propose qu’au-delà d’un rayon de trente kilomètres autour d’une station, tout appel à un pigiste entraîne le remboursement de ses frais de déplacement. Si, pour faire un reportage, le rédacteur en chef juge qu’il est plus efficace qu’il prenne son véhicule plutôt que celui de la station, ses frais seraient également remboursés.


VI Pigistes à l’étranger


1. Les pigistes à l’étranger doivent pouvoir bénéficier de la même couverture sociale que tout le monde, et en particulier du règlement par Radio France des cotisations Retraite. Depuis 5 ans, Radio France ne paie plus, c’est le seul employeur à appliquer des critères drastiques pour leur versement ; ces critères nous paraissent sans fondement légal. Radio France doit acquitter les cotisations pour ceux des pigistes qui le souhaitent, y compris de façon rétroactive sur les 5 dernières années. Il en va de même pour la prime d’ancienneté.

2. Le barème des piges doit être réévalué, en particulier pour les produits non standard (enrobés, reportages, magazines). Le règlement doit se faire de façon plus transparente et plus rapide. Les rediffusions sur des médias partenaires, type CRPLF, doivent être signalées et facturées.

3. Les pigistes appelés à remplacer des ESP pendant leurs congés ou repos, doivent bénéficier du paiement d’une somme forfaitaire correspondant à une astreinte quotidienne systématique équivalente à 2 piges/jour.

4. Radio France doit s’engager à fournir une aide technique aux pigistes les plus réguliers dont la production est importante (plus de 150 éléments/an) : fourniture de matériel d’enregistrement, logiciel de montage, etc.

5. Les pigistes les plus anciens et les plus reconnus doivent pouvoir faire acte de candidature pour une intégration à Radio France avec des chances raisonnables de succès. Leur cas pourrait être examiné à part, lors de la commission paritaire annuelle ou semestrielle que nous souhaitons voir instaurer sur les CDD.

6. Radio France doit souscrire une assurance décès/rapatriement/incapacité pour les pigistes se rendant dans une zone dangereuse.

7. Les pigistes étranger doivent, dès leur première collaboration avec Radio France, recevoir un mémo complet qui récapitule les formats de diffusion des différentes antennes, les tarifs des piges, les droits et devoirs, les cotisations sociales, le fonctionnement des astreintes, etc.

IV La nouvelle gestion des précaires

PRINCIPE GENERAL

Les syndicats admettent que la précarité est nécessaire à la vie par essence imprévisible des rédactions.
Mais elle doit être réduite à son strict minimum, rester un appoint et ne plus être un mode de fonctionnement.
De son côté, la direction de Radio France reconnaît qu’ayant un absolu besoin d’un certain nombre de jeunes journalistes, mais étant dans l’impossibilité de leur promettre une embauche, elle doit s’engager à les traiter dans la transparence. Elle doit aussi faire en sorte que leur passage à Radio France, s’il ne se concrétise par une embauche en CDI, soit au moins une source de renforcement de leurs compétences journalistiques dans tous les domaines. Elle doit enfin travailler à cet objectif en s’en donnant les moyens.
Les CDD étant forcément une source d’espoir (donc de tromperie potentielle), Radio France s’interdira d’entretenir cet espoir aux seuls fins de boucher les trous de ses plannings. Passé un délai fixé par cet accord, le CDD acquerra un « label » (c’est-à-dire les qualités reconnues pour poser une candidature) ou se le verra clairement refusé.


NATURE DE LA PRECARITE

Nous avons actuellement des pigistes et des CDD.
Ils font la plupart du temps le même travail. Ils sont payés à la journée. C’est malsain. La pige est en réalité, dans une grande proportion, une manière de payer au lance-pierre des gens qui sont en fait en CDD
Le SNJ propose de réduire la pige à ce qu’elle doit être : une prestation ciblée (une retransmission, un son, un papier), ou une urgence. Tout le reste (conduite du soir, vacation à la demi-journée, au quart de journée, à la journée) doit correspondre à un CDD.
Il s’ensuit que les budgets piges devront être réduits, et les budgets CDD augmentés.


EMBAUCHE DES PIGISTES ET DES CDD

Les embauches se feront localement pour les pigistes (dans les limites précisées par le chapitre précédent, qui prévoit que le recours à des pigistes sera extrêmement limité).
Pour les CDD correspondant à nos actuelles piges payées à la journée ou la demi-journée, les embauches pourront se faire soit nationalement, soit localement (pour des raisons pratiques)
Ces CDD locaux suivront le cursus des autres CDD, à l’image de ceux qui font actuellement partie du « planning »


LABELLISATION DES CDD

Pendant six mois (six mois de travail effectif soit 25 semaines de contrat environ) les CDD seront jugés par leurs rédacteurs en chef, et par l’échelon central, grâce notamment à l’actuel rapport de CDD. Ils devront avoir été testés sur tous les postes, présentation, reportage, conduite, etc.
Au bout de ces six mois, ils seront jugés par un jury mis en place par la Direction. Les partenaires sociaux seront informés de sa composition et de ses décisions.
Ce jury leur décernera, ou leur refusera, un label. Ce label signifiera que son titulaire dispose des compétences lui permettant de poser sa candidature à une éventuelle embauche, si un poste était ouvert.
Ceux qui n’auront pas obtenu le label seront informés que Radio France ne les embauchera pas. S’ils le souhaitent ils pourront assurer des CDD de dépannage, sur certaines périodes courtes, sans perspective d’embauche.


VIE DES CDD LABELLISES

Le CDD labellisé sera informé que Radio France pourra lui proposer deux années de contrats (soit grosso modo 80 semaines de travail). Passé ce délai, Radio France ne proposera plus de contrats.
Il sera informé que l’emploi de « CDD labellisé » ne garantit pas l’embauche. L’emploi reste précaire.
En revanche Radio France s’engage à mettre en œuvre les dispositions suivantes :

  • Les contrats seront accordés, en fonction des compétences souhaitées par les rédactions, aux plus anciens labellisés
  • Le CDD labellisé deviendra, pendant la durée de ses contrats, un journaliste équivalent aux autres, avec tous ses droits, et toutes ses obligations. Aucun « rapport de CDD » ne le sanctionnera plus, puisque la notation des journalistes est contraire à l’exercice de cette profession. Les seules fautes qui conduiraient à raccourcir sa promesse de travail de deux ans, seraient les mêmes que celles qui vaudraient le licenciement à ses confrères CDI, suivant les mêmes procédures.
  • Radio France ne pouvant garantir une embauche et limitant la durée de collaboration des CDD, elle facilitera la recherche de travail du CDD. Exemple : un CDD labellisé depuis un an et demi. Une offre d’emploi temporaire lui est proposée dans un autre média. Il pourra l’accepter et son retour à Radio France lui sera assuré pour la durée encore garantie par son label, soit six mois dans son cas. Cette disposition, outre l’avantage social qu’elle présente, enrichira progressivement les rédactions, trop souvent composées de journalistes ne connaissant que Radio France.
  • Radio France ne pouvant garantir une embauche et limitant la durée de collaboration des CDD, elle s’engagera à mettre en œuvre, en leur faveur, une politique de formation ambitieuse et volontariste. Les CDD labellisé terminant leurs deux années à Radio France devront pouvoir postuler dans tous les secteurs de la profession, radio naturellement, mais aussi télévision sous toutes ses formes (plateau, reporters, reporters d’image), et naturellement multimédia. Les deux années de contrat comporteront donc un nombre important de semaines de formation. Il sera discuté par les syndicats et la direction.
  • Radio France mettra à la disposition des CDD labellisés une adresse internet personnelle qu’ils conserveront pendant trois ans après la fin de leur dernier contrat. Grâce à cette adresse, Radio France leur communiquera les ouvertures de postes ; ils seront autorisés à postuler pendant cette durée de trois ans.

V Salaires et traitement matériel

BAREME DE PIGES, SALAIRES DES CDD

  • Pour les piges, le barème actuel est caduc. Son niveau serait comique s’il était matière à plaisanterie. Il faut naturellement le réévaluer. Le SNJ propose que la journée de piges soit rémunérée à 100 euros pour les titulaires de la carte de presse. Les autres piges devront être calculées à partir de ce barème, selon les mêmes proportions que le barème actuel. Il va de soi que le budget de piges alloué aux rédacteurs en chef devra être augmenté dans l’exacte proportion de cette remise à jour.
  • Pour les CDD, il faudra en finir avec l’enchaînement de contrats de plusieurs jours consécutifs au même endroit, ou avec les acrobaties consistant à payer cinq jours ce qui équivaut à une semaine.


TEMPS DE TRAVAIL ET CONTRATS

  • Les CDD dépendant naturellement de la Convention Collective des Journalistes de Radio France et sont régis par les mêmes accords. Par conséquent, leur temps de travail sur une semaine est de quarante heures, avec récupération effective des trente cinq heures.
  • Aucune acrobatie comptable ne doit aboutir à des calculs alambiqués faisant varier le nombre de jour en fonction d’une durée aléatoire de la journée de travail ou du positionnement des congés hebdomadaires dans la semaine.
  • Aujourd’hui, un CDD travaillant du lundi au vendredi, puis prenant ses deux jours de congé hebdo, a un contrat de cinq jours. Un CDD qui travaille aussi cinq jours, en prenant le mercredi et le jeudi de congés, a un contrat de sept jours. Le SNJ fait actuellement analyser la légalité de ces contrats variables par ses conseils juridiques.
• Les demi-journées de travail dureront quatre heures, y compris et surtout s’il s’agit d’assurer une conduite (qui s’achève à une ou deux heures du matin les soirs de match) ou une matinale.
  • Les heures de nuit seront payées, au même titre que pour les titulaires.



REMBOURSEMENT DES FRAIS

  • L’attribution de frais de déplacement sera normalisée. Ce chapitre est l’objet d’une série d’anomalies. Première anomalie : les CDD habitant en province ne perçoivent pas de frais de mission lorsqu’ils effectuent un contrat à Paris. Cette situation doit prendre fin au plus vite et les contrats à Paris être indemnisés de la même façon que tout autre contrat à Radio France.
  • Se pose ensuite le problème de la durée et du montant du remboursement des frais. Suivant les villes dans lesquelles ils sont envoyés, les CDD sont contraints au squat ou au camping. Proposition du SNJ : les CDD étant des journalistes comme les autres, ils ont droit au même système de remboursement que leurs collègues CDI : soit l’indemnité telle qu’elle est prévue, soit le système de réservation BSI.
  • Ces frais devront, de plus, inclure systématiquement la nuit précédant la prise de poste, et, en cas de service finissant tard, ou de conduite, la nuit suivant la fin du CDD. Comment arriver à l’heure, à 9 heures ou en matinale, si l’on ne dort pas dans la ville de la radio ? Comment rentrer chez soi si l’on termine après 20 heures, voire dans la nuit ?
  • Pour les CDD de longue durée, c’est à dire au-delà d’un mois, Radio France doit s’engager au remboursement du loyer dans la ville de la mission. Les CDD, par nature mobiles, ne peuvent pas être contraints à payer deux loyers, celui de leur domicile et celui de la ville de leur mission.
  • Autres anomalies criantes. Un pigiste travaillant par exemple à Aix en Provence est envoyé en renfort à Toulon, micro-station qui dépend de France Bleu Provence à Aix. Il ne touchera pas d’indemnité puisque les frais ne sont pas remboursés du domicile au lieu de travail ! Deuxième expérience vécue : une station fait appel à un pigiste qui habite à l’opposé du département pour faire du reportage dans cette zone. Le pigiste doit donc utiliser sa voiture personnelle mais n’est pas remboursé de ses frais. Pour pallier cette anomalie, le SNJ propose qu’au-delà d’un rayon de trente kilomètres autour d’une station, tout appel à un pigiste entraîne le remboursement de ses frais de déplacement. Si, pour faire un reportage, le rédacteur en chef juge qu’il est plus efficace qu’il prenne son véhicule plutôt que celui de la station, ses frais seraient également remboursés.


VI Pigistes à l'étranger

1. Les pigistes à l’étranger doivent pouvoir bénéficier de la même couverture sociale que tout le monde, et en particulier du règlement par Radio France des cotisations Retraite. Depuis 5 ans, Radio France ne paie plus, c’est le seul employeur à appliquer des critères drastiques pour leur versement ; ces critères nous paraissent sans fondement légal. Radio France doit acquitter les cotisations pour ceux des pigistes qui le souhaitent, y compris de façon rétroactive sur les 5 dernières années. Il en va de même pour la prime d’ancienneté.

2. Le barème des piges doit être réévalué, en particulier pour les produits non standard (enrobés, reportages, magazines). Le règlement doit se faire de façon plus transparente et plus rapide. Les rediffusions sur des médias partenaires, type CRPLF, doivent être signalées et facturées.

3. Les pigistes appelés à remplacer des ESP pendant leurs congés ou repos, doivent bénéficier du paiement d’une somme forfaitaire correspondant à une astreinte quotidienne systématique équivalente à 2 piges/jour.

4. Radio France doit s’engager à fournir une aide technique aux pigistes les plus réguliers dont la production est importante (plus de 150 éléments/an) : fourniture de matériel d’enregistrement, logiciel de montage, etc.

5. Les pigistes les plus anciens et les plus reconnus doivent pouvoir faire acte de candidature pour une intégration à Radio France avec des chances raisonnables de succès. Leur cas pourrait être examiné à part, lors de la commission paritaire annuelle ou semestrielle que nous souhaitons voir instaurer sur les CDD.

6. Radio France doit souscrire une assurance décès/rapatriement/incapacité pour les pigistes se rendant dans une zone dangereuse.

7. Les pigistes étranger doivent, dès leur première collaboration avec Radio France, recevoir un mémo complet qui récapitule les formats de diffusion des différentes antennes, les tarifs des piges, les droits et devoirs, les cotisations sociales, le fonctionnement des astreintes, etc.


VII Relation avec les écoles

Le travail étant rare, et Radio France étant le principal employeur des étudiants en journalisme dans le secteur de la Radio, Radio France informera les écoles reconnues de ses prévisions d’embauches en CDD pour l’année N+1. Dans la mesure où l’appel aux CDD est constant, et où le planning sera mécaniquement renouvelé par la nature de cet accord, la prévision sera possible.

VIII Suivi de l'accord

Deux fois par an, une « paritaire », c’est-à-dire un examen nominal des CDD labellisés, permettra à la direction d’informer les partenaires sociaux de la situation de chacun de ces journalistes.

IX Stagiaires

Le recours à des stagiaires non rémunérés s'est généralisé dans certaines rédactions. Rappelons que Radio France participe à la formation des journaliste en offrant des stages rémunérés chaque été à des diplômés d’écoles de journalisme reconnues. Les stages non rémunérés ne doivent pas excéder trois semaines. Un délai de carence d'une semaine doit être observé dans les rédactions après chaque stage afin d'éviter le recours systématique et un mode de fonctionnement incluant "le stagiaire" présent chaque semaine. Un tuteur de stage devra être désigné en excluant le rédacteur en chef ou le directeur de la station qui n'ont souvent pas matériellement le temps de s'occuper d'un stagiaire. L'arrivée d'un stagiaire dans une rédaction devra être signalée par avance par un mail à l'ensemble de la rédaction, avec les dates de stage et la nature de la convention.

X Plaquette d'information

Précaires : Les propositions du SNJ
Une plaquette contenant ces dispositions sera remise à chaque CDD, labellisé ou pas, dés le premier jour du premier CDD.


10 Février 2004
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