Préavis de grève

France Bleu, tous en studio, personne en reportage



"Il y a des choses qui se négocient et d’autres pas", ainsi répondait la Présidente aux salariés qui s’inquiétaient, à Bordeaux, le 14 mai, du manque de concertation des équipes sur la matinale filmée à France Bleu. Une annonce faite, sans même avoir pris le temps de vérifier si les salariés - et en particulier les matinaliers - sont d’accord pour être filmés par France 3.
 
La direction est clairement prête à nous forcer la main. Un rapport de force auquel il faut répondre. Car, au-delà de la question des matinales filmées, se joue l’avenir de France Bleu.
 
La direction assure que nous garderons la main sur l’éditorial, face à France 3. Mais comment la croire, alors que France Info la radio s’est pliée à l'immense majorité des exigences de France Télévisions ? Comment la croire quand, lors des "expériences" avec France 3, il a fallu modifier notre offre. Nous doutons que les cadres de France 3 restent spectateurs très longtemps, sans pouvoir influer sur les choix de sujets ou d'invité, sur tel ou tel angle. Nous doutons également que nous gardions totalement la main sur notre site internet. 
 
La direction affirme que le projet de matinales globcal peut fonctionner dans toutes les locales qui comptent 7 journalistes ou plus au siège. Sans tenir compte de l'impact grave que cette généralisation aura sur les capacités de reportage. Et ne croyez pas que les locales avec 6 journalistes au siège soient épargnées. La priorité pour TOUS est de réaliser le 7h30 en local. 
 
Renforçant l’impact de ces annonces brutales, la direction distille des pistes sur son véritable projet ; ici on dit qu’il faut "assouplir les rythmes de travail", là qu’il va falloir "redéployer dans le réseau Bleu", ou encore qu’il est souhaitable de supprimer les journaux du soir, pour mettre en place partout la double matinale et que le globcal devra être tenu en permanence, week-end et vacances scolaires comprises.
 
Toutes les locales, même les petites équipes, déjà épuisées, avec la charge ajoutée du numérique, sont concernées.
 
Nous demandons donc :
  • le renoncement au projet d’extension du globcal et la possibilité de retour en arrière, là où ce n’est plus tenable sur la durée, sans affaiblir les équipes et le reportage.
  • un ajournement du projet d’extension des matinales filmées, tant que la négociation avec les syndicats et le travail de concertation et d’écoute réels et francs avec des équipes ne sont pas menés.
 

Le Snj appelle donc les journalistes de France Bleu à cesser le travail, mercredi 29 mai


 
La direction répète à l’envi qu’il y a de l’enthousiasme dans les matinales filmées et pour le globcal, montrons-lui que ce n’est pas vrai.
 
 


16 Mai 2019
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