Préavis de grève : France Bleu (ex 107.1) en Île de France, écoutez l’incohérence



Alors que Radio France n'en finit plus de brider l’info de proximité en Ile-de-France, un grand groupe privé fait le choix inverse. Le 7 novembre prochain, BFM-Paris va se lancer à la conquête des auditeurs de la région parisienne, avec une équipe spécifique d'une cinquantaine de personnes dont une quinzaine de reporters.
 
Le même jour à Radio France, notre rédacteur en chef, nommé en février dernier, va rejoindre France Info. Il n’était pas favorable à la fusion avec l'antenne nationale : on lui a donc demandé de partir. Nous ne serons plus qu'une annexe de l'antenne nationale de France Bleu, nouvel épisode d'un dépeçage et d'une casse organisés.
 
Depuis septembre, nous ne connaissons même plus le nom de notre propre radio : fini France Bleu 107.1 devenu "France Bleu" à l'antenne, "France Bleu Paris" sur les réseaux sociaux ou encore "France Bleu Paris région" sur le site Internet. 
 
Du côté des effectifs, nous avons subi une cure d’amaigrissement sévère : depuis un an, nous avons déjà perdu trois postes de journalistes, malgré un engagement écrit de l’ancien directeur du réseau de remplacer l'un d'eux. Un quatrième journaliste va rejoindre le pôle-enquête de Radio France : nous craignons de perdre aussi son poste.
 
Appauvrissement aussi de la ligne éditoriale. En sport, le travail de longue haleine tissé avec les clubs-phares de la région a été mis à la poubelle d'un revers de main. Plus de suivi du Stade Français en rugby, plus aucune émission sur le PSG et plus de commentaires en intégrale systématique. Le résultat ne s'est pas fait attendre : nous avons perdu les partenariats qui nous liaient au PSG et au Stade Français.
 
La présence à l’antenne de l'info-trafic, longtemps notre marque de fabrique, a fondu comme neige au soleil : plus assez attractive nous dit-on, alors que les applications pour la mobilité se multiplient. Pourtant, BFM-Paris a décidé d'en faire un axe fort de sa ligne éditoriale. Et pour le valoriser, la chaîne est allée recruter… chez nous, chez France Bleu (ex 107.1). Elle a engagé l’animateur emblématique de notre émission « On fait la route ensemble », abandonnée à la rentrée.
 
Aujourd'hui les équipes sont fatiguées. Fatiguées du peu de respect et de reconnaissance pour leur travail. Aucun journaliste de la rédaction n'a par exemple été jugé digne de postuler pour l'intérim du rédacteur en chef.
 
Fatiguées du manque d'ambition pour une station désormais considérée comme un réservoir de postes.
 
Fatiguées d’être ballottées au gré des atermoiements et des changements de cap des directions qui n'ont pas cessé depuis des années.
 
Fatiguées de l'opacité dans laquelle les décisions se prennent.
 
Fatiguées des consultations qui n'en sont pas.
 
Fatiguées qu'on puisse gâcher notre travail en un claquement de doigt.
 
Et surtout inquiètes de l'avenir qu'on nous prépare !
 
Nous demandons à être enfin informés du projet que Radio France a pour nous en matière éditoriale et pour ce qui concerne cette fameuse « convergence » avec Bleu réseau dont on nous menace depuis des mois. Nous demandons des garanties en matière de postes et d’indépendance. Serons-nous la seule locale « sous tutelle » ?
 

Faute de réponses, le SNJ appellera les journalistes de France Bleu 107.1 à cesser le travail de 0h à 24h le 7 novembre prochain, jour du départ forcé de leur rédacteur-en-chef.



2 Novembre 2016
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