Pathétique !



À la honte, la direction de Radio France a donc décidé d’ajouter la mauvaise foi la plus détestable.
 
Vous avez tous reçu, ce jeudi, le Texto de la direction de Radio France concernant l’utilisation du contenu d’un entretien bilan et développement ou encore d’un dossier disciplinaire lors de l’audience judiciaire entre le CSE Est et Radio France devant le tribunal de grande instance de Strasbourg. Rappelons que les entretiens bilan et développement sont confidentiels. C’est le code du travail qui le prévoit. Tout comme les entretiens disciplinaires.
 
Dans cette réponse, la direction explique que son avocat a répondu aux conclusions du conseil du CSE Est, car celui-ci aurait "pris l’initiative d’évoquer la situation individuelle de plusieurs salariés des locales de cet établissement". La direction omet de préciser, dans sa réponse, que les dizaines de salariés qui ont témoigné l’ont fait volontairement, alors que la divulgation d’éléments confidentiels les concernant a été faite sans leur consentement.
 
Dans cette réponse, la direction a l’outrecuidance d’affirmer que "le dossier a conservé et conservera son caractère confidentiel, avocats et magistrats étant tenus au respect du secret sur les documents composant un dossier ». C’est parfaitement faux : l’audience était publique, la presse locale s’en est d’ailleurs faite l’écho : "Pour contester l’une [des pièces du dossier de l’avocat du CSE Est], l’avocat parisien produit une autre pièce : l’entretien individuel annuel de la salariée en question" (Dernières Nouvelles d’Alsace du 11 décembre).
 
Dans cette réponse, Radio France omet également soigneusement de préciser les conditions dans lesquelles elle a produit, par le biais de son avocat, le contenu d’un dossier disciplinaire, avec en plus des sanctions remontant à 2010 (alors qu’elles doivent être purgées au bout de 3 ans !).
 
Dans cette réponse, Radio France se permet de "rappeler [son] attachement à la confidentialité des documents qui permettent d’assurer le suivi professionnel des salariés de Radio France". Ses actes démontrent tout l’inverse.
 
Les choses sont claires : Radio France a réduit à néant, en quelques minutes à peine devant un tribunal, toute la confiance entre les salariés et leur hiérarchie. Mais surtout, Radio France s’est livrée à une pratique illégale, ne le reconnait pas et n'imagine même pas s'engager à ne pas recommencer.
 
Le SNJ Radio France étudie toutes les possibilités à sa disposition pour poursuivre Radio France devant les juridictions compétentes. 


12 Décembre 2019
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