Lutte contre le harcèlement sexuel : après l'inertie, enfin l'action ?



Nous prenons acte de l’engagement personnel de Sibyle Veil de faire en sorte que le harcèlement sexuel s’arrête enfin aujourd’hui à Radio France.
 


Mais nous regrettons, avec force et colère, que deux ans aient été perdus avant de donner à Sophie Coudreuse les moyens et la possibilité de lutter contre le harcèlement sexuel.
 
Deux ans durant lesquels des femmes et des hommes ont vécu des choses qu'on ne voulait plus jamais connaître.
 
Deux ans où nous avons, entre autres, réclamé la mise en place de sensibilisations au comportement dans les lieux de travail. Une formation qui ne sera déployée qu’à la rentrée.
 
Et surtout, deux ans durant lesquels nous n’avons pas réussi, collectivement, à mettre suffisamment en confiance les journalistes en CDD pour qu’elles/ils puissent aller au bout de leur démarche et dénoncer ceux qui leur rendent le travail impossible dans certaines rédactions.
 
Pour que ce soit envisageable, il faut qu’on leur assure que rien ne changera dans le regard personnel et professionnel qu’on portera sur elles/eux et que la plus parfaite discrétion entourera leurs témoignages.
 

Nous voulons bien croire qu’à partir d’aujourd’hui tout va être différent.



Mais pour ça, il faut que la direction ne mute plus les cadres mis en cause et qu'elle rende, enfin, publiques les sanctions prises, comme ça lui a déjà été demandé par les élus encore tout récemment.
Il ne faut plus que les victimes soient la poussière qu’on glisse sous le tapis, pendant que leurs harceleurs ont la possibilité de faire croire qu’ils sont promus ou partent, à leur demande, à la retraite.
 
L'échec n'est plus possible. Aujourd’hui doit vraiment être le premier jour d’une autre Radio France, sans quoi cela voudra dire que cette maison de service public ne mérite pas les personnes qui travaillent pour elle.
 
 


4 Juillet 2019
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