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Préavis de grève du 26 septembre



Communique de presse

Préavis de grève du 26 septembre
Tous les syndicats de journalistes de Radio France (CFDT, SJA FO, SNJ CGT, SNJ, Sud) ont déposé un préavis de grève dans les 41 radios du réseau France Bleu pour le mardi 26 septembre 2006.

Le SNJ Radio France déplore la baisse des moyens dans les rédactions des locales du réseau France Bleu et la mauvaise volonté de la Direction Générale dans l’application d’un accord su la précarité (signé le 3 juin 2005 et prévoyant la titularisation de 45 CDD ou pigistes).

Si 30 journalistes précaires ont été régularisés en CDI en juin 2006 (30 poste sur 216 équivalent temps plein piges et CDD utilisés par Radio France en 2006, soit 13,33% du total), la direction applique l'accord sur la réduction de la précarité en lançant un plan d’austérité draconien, en réduisant dramatiquement les moyens humains des rédactions locales, et en imposant un redéploiement non négocié, et non prévu par l’accord.

Alors que l'année 2007 va être riche en actualité politique, les journalistes sur le terrain, correspondants de France Inter et France Info en région constatent des coupes abusives dans le budget des rédactions locales (jusqu’à 80% dans les locales les plus touchées). Quant au redéploiement, il est purement comptable et conduit, pour la première fois depuis la création des locales, à la réduction des grilles d’informations locales dans les régions.

Après avoir à plusieurs reprises prévenu la direction de Radio France de l'impossibilité d'accomplir professionnellement nos missions de service public d'information avec des budgets de piges et CDD terriblement amputés, nous déplorons d'être contraints de déposer un préavis de grève. C’est hélas le seul moyen de faire valoir la révolte des équipes, et la colère d’un grand nombre de leurs cadres.

Le SNJ Radio France, syndicat majoritaire chez les journalistes de la radio de service public espère que la direction proposera une estimation claire, chiffrée, et raisonnable, des moyens de chaque locales pour 2007. En cas de blocage persistant, le SNJ demandera à tous les journalistes de France Bleu de cesser toute collaboration avec les antennes nationales dès le lendemain de cette journée de grève.

Le préavis a été déposé deux semaines avant la date de la grève dans le but de laisser à la Direction le temps de réagir. Elle fait la sourde oreille jusqu’à présent.

Paris le lundi 17 septembre 2006.

Quelques explications pour mieux comprendre

L'accord du 30 juin 2005 prévoit l'intégration de 30 journalistes précaires en 2006 puis 15 d'ici 2008. Son principe était simplissime : constatant que Radio France fonctionnait en parfaite illégalité en employant, en permanence, 216 équivalents temps pleins répartis entre 450 salariés précaires, une partie de ces postes devenaient des postes de titulaires. 45 en deux ans, soit moins de 25% du total, ce qui laissait aux rédactions de la maison une nécessaire souplesse.

Comment appliquer cet accord ?

Le SNJ a fait deux propositions de bon sens, toutes deux refusées par la Direction.

La première était fondée sur un constat : à Radio France, une cinquantaine de rédactions consomment 216 postes de renfort ponctuels, ou de remplaçants. Ces postes ne correspondent pas à 216 fois un poste, mais à un besoin collectif permanent. Statistiquement, par exemple, cinq stations peuvent générer une jambe cassée tous les deux ans, donc un remplacement de longue durée. Mais il est absurde de décider que la jambe sera désormais cassée à Montpellier plutôt qu’à Aix en Provence. Il fallait donc créer des brigades régionales de remplaçants titulaires, c’est à dire mutualiser les aléas. Refus.

Deuxième proposition : il existait des « emplois cachés » dans certaines stations, en général les plus grosses. Une douzaine de pigistes permanents par exemple. C’est sur ce type d’emploi qu’il fallait agir. Un pour un. Proposition balayée par la Direction.
La Direction envisageait en fait un redéploiement. Retirer des moyens à des stations qui n’avaient pas de postes, en placer dans les stations en sous-effectifs, et comme cela ne suffisait pas, retirer des budgets à tout le monde. Les stations locales vivent quasiment toutes à flux tendus. Elles n’ont pas de marge, et la Direction Générale, ainsi que la Présidence, qui n’y ont jamais vécu, imaginent le contraire. Pour eux les locales sont un mammouth à dégraisser. Des « Landernaus » (l’expression est de la plume d’un directeur général) où l’on vit sans doute sa vie en vacances.

Ainsi, alors que les équipes de France Bleu travaillent à flux tendu pour assurer une information de proximité (info en continu avec journaux et flash, sport, couverture pour France Inter et France Info), et fabriquent une bonne part du contenu des journaux de France Inter et France Info, une logique comptable et déconnectée du réel, dont les plans secrets ont filtré dans les rédactions, est devenue la goutte d'eau trop bleue pour des équipes rédactionnelles de 8 journalistes en moyenne (de deux journalistes pour les « petites » à 11 journalistes pour les trois plus grosses stations).

Les journalistes précaires représentent près d'un tiers des journalistes des rédactions de Radio France. Le SNJ admet que le recours aux pigistes ou CDD soit une nécessité pour toutes les rédactions du monde, notamment pour le sport, les surcroits de travail (comme les élections), la couverture à l'étranger de certaines régions, des remplacements dans les petites équipes. Mais le SNJ dénonce depuis plusieurs années l'abus de cette précarité à Radio France. Cet accord était l’occasion de gérer légalement, et dignement, un problème gravissime, et de rendre l’espoir à des dizaines de jeunes confrères au talent formidable. La Direction, qui a toujours traîné les pieds, le transforme à présent, par ignorance ou par aveuglement, en bombe à fragmentation dans quarante et une locales.


19 Septembre 2006
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