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Jean-Luc Hees rebâtit le mur de Berlin
Voilà donc la première et géniale idée de Jean-Luc Hees, le premier véritable acte de sa présidence. Il en dit long sur sa vision du groupe.
L’homme, qui a vécu plus de quarante ans à France Inter, n’a pas remarqué que Radio France avait changé et réussi le pari d’une extraordinaire diver-sification : "Culture", "Musique", 41 locales, "Info", "le Mouv ", "Fip"... Hees, et son conseiller Bertrand Vannier, n’ont vécu que dans une radio et n’ont rien remarqué. Leur grande idée, pour un énorme événement, le vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin, c’est de réduire toutes les antennes de Radio France à une radio unique, comme le Parti d’avant la chute du mur. Le 9 novembre prochain, TOUTES les antennes du groupe diffuseront le même programme. Comme si, à la télévision, ce jour là, il n’y avait plus France 2, France 3, la 5, etc., mais une seule chaîne ! Le PDG y voit peut-être une belle idée de com’, un gros coup, du buzz pour cet anniversaire. Les personnels, sidérés, y découvrent une fantastique régression. Ce jour là, Radio France abolira quarante ans de marche en avant et prouvera aux pouvoirs publics qu’une seule chaîne c’est mieux que cinquante ! Le PDG de Radio France, et ses conseillers, pensent que l’effet sera plaisant. Toutes les forces dans une seule cible ! Mais qu’en penseront les auditeurs ? Ils tourneront le bouton et tomberont sur la même chaîne. Ils croiront à une erreur et chercheront un peu plus loin, mais trouveront la même voix, le même son, le même reportage, au même moment ! Un choix éditorial qui abolit de fait la liberté d’écouter autre chose. Sauf à partir du côté de la concurrence. Mais qu’importe les auditeurs ! Les pages media en parleront ! Le bruit qu’on fait dans les journaux vaut mieux que le son qu’on fait dans les radios !
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Et le message politique ! Le PDG adresse un signe aux parlementaires : « La radio coûte moins cher quand on en fait une seule ! » Message qui sera reçu cinq sur cinq au moment où se prépare la négociation du COM (le contrat d’objectifs et de moyens), c'est-à-dire le budget – et donc aussi les effectifs – de Radio France pour les 5 années à venir.
Lundi 9 novembre 2009, 6 chaînes nationales et 41 locales vont proposer un même bloc d’actualité, une même vision, une même approche. Pour un grand événement on décrète le programme minimum ! On détruit le logiciel de Radio France : sa diversité. Au delà de la com et du buzz, et nous pesons nos mots, Jean-Luc Hees est sur le point de commettre une faute éditoriale. Une faute majeure. Nous ne laisserons pas faire les bras croisés. 11 Septembre 2009
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