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France Bleu : pourquoi la grève de jeudi est importante



Ces dernières années, nous avons dû parfois nous battre pour conserver les moyens de faire notre métier. Cette fois, c'est la raison même d'être de France Bleu qui est en jeu, puisque la direction s'apprête à réduire drastiquement la part du local.


Si ce plan est appliqué, France Bleu s'éloignera de ce qu'il a toujours été : un réseau de radios de proximité avec des tranches communes. Il se rapprochera du modèle des réseaux privés : une radio nationale avec des décrochages (qui ne servent souvent qu'à drainer la publicité locale).


Le projet d'Eric Revel comprend des reculs sur tous les plans :
  • en temps d'antenne : 2h45 de moins pour le local au profit d'une antenne nationale pour 33 locales (le 13/14 était déjà national) ;
  • en exposition : avec une tête d'affiche nationale à un horaire stratégique où Bleu est particulièrement écoutée. Miser autant sur un programme national, c'est dire que le local ne sert à rien ;
  • en richesse et en raison d’être : avec des journaux obligatoirement "globcaux" et la volonté de les raccourcir. Il y aura donc moins de place pour les sujets locaux (donc moins de reportage et moins de reporters, à brève échéance). Exemple : des journaux de 7-8 minutes permettent actuellement de traiter 3 ou 4 sujets locaux. Un passage à deux fois 5 minutes global, risque de ne laisser de place qu'à deux éléments locaux par heure.

 
Face aux premières critiques de ce projet, exprimées en CE et en réunions de cadres, la direction répond totalement à côté de la plaque :
  • avec un courriel général où Eric Revel explique qu'"il faut faire des efforts" (mais que veut-il dire ? France Bleu n'a pas déjà assez donné et ceci plus que toutes les autres radios ?)
  • en évoquant un possible report à janvier de la fin des journaux nationaux à 30. Depuis quand reporter de six mois une aberration la rend plus acceptable ?
 
Peu importe le calendrier ! Ce projet est dangereux et inacceptable parce qu'il trahit la philosophie même d'un réseau créé il y a 35 ans, au lieu de le relancer.
  • Il ne s'appuie pas sur ses personnels et sa raison d'être : la proximité.
  • Il balaie d'un revers de main ce que ce même réseau a mis près de 20 ans à obtenir : une rédaction nationale à sa mesure.
  • Il ne répond pas à la demande maintes fois répétée d'avoir, pour cette rédaction nationale, une ligne éditoriale adaptée.
 
Ce projet est enfin dangereux pour la pérennité du réseau. Car pour justifier la suppression en locale du 14/16, il a été dit aux directeurs que c'était pour rendre des postes. Dangereux, car rien ne nous dit que la prochaine étape ne sera pas la suppression de toute l'antenne locale d'après-midi. 
 

Jeudi, nous dirons à Eric Revel, que parce que son projet ne fait pas confiance à ses équipes, parce qu'il s'en prend à cet équilibre, il va démolir France Bleu. Car le nouveau directeur entend passer en force en septembre, ou en janvier. 
Ne le laissons pas faire.
 



17 Mai 2017
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Tags : France Bleu



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