France Bleu année électorale ou année musicale ?



France Bleu année électorale ou année musicale ?

La rédaction de France Bleu Champagne n’en a pas cru ses oreilles quand –au bout de six mois de grille- il lui a été demandé de doubler le nombre de disques dans l’émission hebdomadaire de débat politique-société civile. 4 disques, auxquels s’ajoutent des titres, des rappels de titres et des promos.

Résultat : une émission, en année électorale, où les intervenants n’ont que 3 à 5 minutes pour s’exprimer, avant d’être interrompus par un élément d’antenne. Beau débat !

Au préavis de grève déposé par l’ensemble des organisations syndicales, Anne Brucy, Claude Bruillot et Bruno Leroy (le Délégué régional) ont répondu qu’en fait il n’y avait jamais eu de réel problème car selon la Direction de Bleu, « il est demandé à chaque station de respecter les orientations, mais la Direction accepte les interprétations de ces orientations en cas de programmes exceptionnels ».

Une année électorale serait-elle une année exceptionnelle ?
Il semblerait finalement que oui.

Mais pour résoudre un problème qui n’existait pas, notez qu’il aura fallu une lettre ouverte, la mobilisation d’une rédaction, un préavis intersyndical et plusieurs heures de débat.

La solution trouvée à France Bleu Champagne soulève par ricochet d’autres questions.

Anne Brucy nous a expliqué que la Direction travaillait actuellement sur la tranche 17h/19h dite France Bleu vous rapproche. Selon elle, les préconisations des auditeurs sondés et des équipes interrogées, ont débouché sur « une stratégie d’antenne fortement basée sur l’interactivité et la musicalité ». Une « musicalité » qui prévoit la diffusion de 7 disques entre 18h et 19h !

Pourtant, beaucoup de locales diffusent aujourd’hui des programmes de contenu en fin de journée (sport, par exemple,) sans la moindre note de musique pour les interrompre.

A cela une explication selon la Directrice de France Bleu : « la nouvelle matinale a mis trois ans à s’installer dans la plupart des locales. On peut donc imaginer que France Bleu vous rapproche mettra aussi du temps à s’installer, car ce sont 43 régions différentes. On donne des directives et on s’y met dans des temps différents. Tout ne peut pas être mis en place à un instant T, on a donc encore du travail. »

Toutes les émissions diffusées aujourd’hui avec succès dans nombreuses locales vont donc être soumises à ce diktat musical. Au nom de ces auditeurs qu’Anne Brucy appelle « les invisibles, les masses populaires et moyennes ».


8 Février 2012
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