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Donnons à la radio publique les moyens de faire du web



Donnons à la radio publique les moyens de faire du web
Dans Le Monde daté du 1e septembre, notre PDG lance un cri d’amour au « net » et à l’ « innovation » (Faisons évoluer la radio publique vers le Net).

Comme tous les convertis de fraîche date, c’est de la passion qui jaillit des lignes de cette tribune. « Ma charge à la tête de la radio de service public inclut donc une nécessité absolue, une nécessité vitale, de promouvoir l'innovation, sous toutes ses formes. Je ne prétends pas que les radios privées restent à l'écart de toute innovation, bien sûr. Mais ma tâche est autre. L'innovation continue est l'un de mes devoirs. »

« (…)  Une innovation liée à la technologie, d'abord. Internet, c'est une banalité de le dire, a révolutionné l'information, la communication en direction des citoyens et l'interactivité avec eux. Sur Internet, sur le lien créatif entre la Toile et nos vieux médias, ne nous contentons pas de théoriser : agissons ! »

Paradoxe, celui qui choisit l’« innovation » comme étendard, comme mantra, comme deuxième prénom, est le Pdg de l’entreprise probablement la plus en retard en la matière, de tout l’audiovisuel. Certes, ce n’est pas vraiment sa faute : Jean-Luc Hees a trouvé une Maison qui n’a jamais investi dans le web. D'abord elle s’est demandée durant de très nombreuses années si c’était utile, puis si c’était vraiment son job, puis si elle en avait les moyens. Une Maison, surtout, qui s’est arrachée les cheveux quant à la manière de trouver des postes pour mettre en place ces nouvelles activités.

C’est cette situation que Jean-Luc Hees a trouvé en arrivant. Reconnaissons que celui qui n’avait aucun atome crochu avec les trois w, a décidé que Radio France allait enfin se mettre sérieusement au web. Pour cela, il a recruté un directeur : Joël Ronez, à qui il a donné confiance et moyens.

Juste un détail… Lorsque Jean-Luc Hees a négocié son Contrat d’Objectif et de Moyens il y a trois ans, il a accepté la poursuite du blocage des effectifs, et ceci malgré les activités nouvelles, dont le web.

Les moyens dédiés au web sont notoirement insuffisants

Résultat : les moyens dédiés au web sont notoirement insuffisants –la direction est la première à le reconnaître- et malgré tout Radio France se retrouve obligée de détruire 130 emplois pour pouvoir en consacrer 70 aux Nouveaux Médias.

France Bleu, la chaîne aux 43 radios locales,  va enfin être dotée d’un nouveau site aux alentours de Noël – le site actuel, totalement obsolète, va souffler ses 10 bougies… Mais pour faire vivre le nouveau francebleu.fr on a recruté un seul journaliste par région (chacune des 7 régions compte 5 à 7 radios locales).

Les chaînes nationales ne sont pas mieux dotées. Quant au Mouv’, si un réel effort a été fait pour la radio, il n’a pas porté sur son site. Pourtant on avait cru comprendre que « jeune » était pour beaucoup synonyme de « web ».

Certes, la crise est là. Certes, il y a toujours plus malheureux et moins doté que soi. Mais si nous pouvons former des vœux pour Radio France, souhaitons que la nouvelle Tutelle réalise le tour de force qu’elle demande à la radio publique : être la meilleure, la plus créative et la plus innovante des radios, et maintenant aussi la plus belle sur le web, sans un poste supplémentaire et avec des ponctions régulières sur le budget (4 millions en demi d'euros en 2012).  

Ce qui revient, en creux, à nous demander de sacrifier la radio au web. Inimaginable lorsque l’on voit l’excellence de nos résultats. Injuste lorsque l’on écoute la qualité de nos programmes. Inacceptable lorsque l’on constate la manière dont nous répondons à nos obligations de service public.

« Nous sommes créateurs en radio, nous le sommes aussi sur le Net » écrit Jean-Luc Hees. Pour que ce soit vraiment vrai, il faut que notre Pdg reconnaisse qu’on y arrivera seulement si la Tutelle nous donne les moyens nécessaires.

Le bureau national du Snj Radio France
 


31 Août 2012
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