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Convention Collective: nous avons tout à perdre

Motion de l’Assemblée Générale du SNJ Radio France



Convention Collective: nous avons tout à perdre
Dans quelques jours, nous pourrions changer de monde. Fin janvier, la direction de Radio France soumettra à signature son nouvel accord collectif pour les journalistes. Il est inacceptable en l’état actuel.

Opacité et arbitraire

Le paritarisme est mort à Radio France. La DRH a joyeusement appuyé sur la détente, mais l’identité du commanditaire ne fait aucun doute. La tutelle a obtenu gain de cause : les commissions paritaires salariales disparaissent. Désormais, les augmentations se feront à la tête du client, dans le secret du bureau de votre directeur, ou du délégué régional, si vous avez de la chance. Les syndicats n’auront voix au chapitre qu’au bout de 5 ans sans aucune promotion. Il suffira d’une pécuniaire au rabais tous les 4 ans, pour que votre carrière ne soit jamais évoquée.

Opacité des promotions : vous saurez qui est promu, sans savoir de combien.
Les nouvelles augmentations peuvent varier du simple au triple (4,5% à 13%), au bon vouloir de votre hiérarchie. Bienvenue dans un système salarial à plusieurs vitesses !
Certains s’en frotteront les mains, jusqu’au jour où ils tomberont sur la fiche de paie de leur voisin de bureau. Ambiance garantie dans les rédactions...

En cas de conflit, vous ne serez plus défendu en conseil de discipline. Trop paritaire aux yeux de la DRH : il disparaît. Il suffit désormais d’un simple rendez-vous à Radio France pour vous montrer la porte. En insistant bien, vous aurez droit à un deuxième entretien optionnel, avant licenciement.
La direction pourra même actionner un nouveau levier : la mutation sanction. Vous pourrez désormais être envoyé de force à l’autre bout de la France. A quand France Bleu Cayenne ?

Une progression salariale ralentie

C’est la dernière trouvaille de la DRH. En mensualisant le NIS et la prime de modernisation, nos fiches de paie gonflent artificiellement. Ne vous fiez pas au tour de passe-passe : sur l’année, vous ne toucherez pas un centime de plus.

Sur la durée, c’est pire, avec la mort des automatismes salariaux, autre cheval de bataille politique. Ils garantissaient une hausse minimum après 3, 5, 8, 12, 17, et 25 ans passés à Radio France. En tout, 25% d’augmentation partis en fumée. La perte n’est compensée ni par l’augmentation de l’indice carte de presse, ni par la réévaluation des bas salaires (RR et JS).

D’un système à l’autre, nos calculs sont édifiants : le manque à gagner atteint en moyenne 5 000 € brut par an. Sur une carrière c’est 200.000€ de moins

Début janvier, entre deux petits fours, le PDG de Radio France jurait à nouveau que l’accord ne grignoterait pas les acquis sociaux. Jean-Luc Hees n’a peut-être pas la même calculette que nous.

Sans compter les incertitudes qui entourent l’avenir du nouveau texte. L’avenant audiovisuel de la convention est remplacé par un simple accord d’entreprise. Révisable à tout moment, pour le meilleur... et surtout le pire.


25 Janvier 2011
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