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Budget des Locales : la preuve


Voici ce qu'écrivait Martin Ajdari, Directeur Général aux différents délégués régionaux de France Bleu. Vous trouverez dans l'entête la date, l'heure de l'envoi, et les destinataires :
 

 
De : AJDARI Martin
Envoyé : vendredi 4 août 2006 00:57
À : FERRER Pierre-jean; LIOT Bernard; TYSKIEWICZ Francis; GUERINI Marie-jose; LEROY Bruno; CHADAL Christiane; THOMELIN Freddy; DURIEUX Guy; VACHON Didier
Cc : MEYER Michel; DEGALZAIN Antoine; SOUCHE Anne; PAPET Patrice; BIGNON Samuel; DEMARIA Françoise; SUEUR Didier; MARINONI Valerie; DE VILLEPIN Frederique; RAMAHANDRY Nary; MAUGEY Pierrette; SECK Peggy; RUSSO Carole
Objet : intégrations de CDD/pigistes et transferts de budget

Un point avant mon départ en congés et avant vos CE de rentrée)sur cette question qui, je le sais, vous préoccupe beaucoup et qui a commencé à agiter tous nos landernaus.

Je vous avais présenté fin juin les hypothèses selon lesquelles nous comptions traduire, au plan budgétaire, les intégrations de journalistes issues de l'accord de 2005 et qui, je le rappelle doivent se faire à budget constant.

Ces hypothèses prévoyaient schématiquement (cf la note et les tableaux transmis à l'époque):
- un transfert de budget au 1er juillet à partir des CDD/piges vers les personnels permanents au pro rata du nombre de créations de CDI par délégation ;
- un rééquilibrage partiel entre délégations, au 1er juillet également, consistant à demander aux stations/délégations les mieux dotées en CDI, CDD et piges d'aider les "plus petites" à financer les intégrations - et par là même à atténuer les importantes disparités existant pour des raisons historiques au sein du réseau.

Ce principe est maintenu. Toutefois, au vu des échanges que la DGA DSRH (Samuel Bignon) et moi-même avons eu avec certains d'entre vous, sa mise en oeuvre sur l'année 2006 pourrait être rendue délicate par la difficulté d'adapter immédiatement et donc parfois brutalement le fonctionnement des rédactions -et le cas échéant les objectifs d'antenne- dans un contexte où les hypothèses budgétaires ne sont pas totalement arrêtées et où la période estivale n'a pas permis de mener à leur terme toutes les réflexions nécessaires.

J'ai donc retenu le dispositif suivant :

1/ les transferts budgétaires liés aux créations d'emplois seront effectués au 1er septembre, alors même que (un peu comme pour les taux d'activité des PARL) ces créations ont été effectives en moyenne à la mi-juin. C'est donc un effort important consenti au niveau du budget des personnels permanents de Radio France (2 mois et demi de salaires pour 24 ETP de journalistes).

Il n'y aura en conséquence pas de "rééquilibrage" (ou mutualisation) entre délégation en 2006, puisque cette mutualisation aura en quelque sorte été prise en charge au niveau de Radio France pour 2006, et pour des montants sensiblement supérieurs.

2/ la base de construction du budget 2007 qui vous sera transmise au tout début de septembre reposera quant à elle sur un financement intégral en année pleine, à budget global constant, des intégrations par les transferts de budgets CDD/piges. Elle intégrera également les éléments de rééquilibrage qui vous ont été communiqués en juillet (sous réserve de quelques rectifications). C'est à partir de cette base que vos demandes budgétaires devront être construites.

Autrement dit, une "souplesse" non négligeable est accordée au réseau à titre transitoire en 2006, pour faciliter les intégrations et donner aux rédactions le temps d'adapter leur fonctionnement voire leurs objectifs en fonction d'une "cible" connue dès septembre mais qui ne s'appliquera budgétairement qu'au premier janvier 2007.

Cela ne rend pas l'exercice plus simple (la "souplesse" aura disparu en 2007 et certaines délégations devront de surcroît "mettre au pot commun", au-delà de leurs propres intégrations) mais cela laisse plus de temps pour le préparer correctement. C'est aussi plus présentable aux CE et aux stations.

Le corollaire en est aussi que les budgets de CDD 2006 (après transferts au 1er septembre) devront impérativement être respectés. Cela sera d'ailleurs très certainement un des objectifs "de base" dans la part variable de rémunération de l'encadrement de direction en cours de mise en place.


MA

 

 
Les commentaires du SNJ :
 
La Direction générale de Radio France estime que le SNJ est « bien mal informé » Elle a raison. Tous les salariés de Radio France sont mal informés, et nous ne sommes « que » les représentants des salariés... Il se prépare depuis des mois des décisions cruciales, et les salariés ne reçoivent que des rumeurs. Où est le tableau chiffré, station par station, de ce que coûtera le plan d'économie ? La rétention d'information est telle, même devant les CE, que le CE Sud Ouest a du reporter sa séance de rentrée. Quand a été annoncée, et où, la décision de se lancer dans un redéploiement ou, comme le dit la Direction générale « un rééquilibrage » des moyens ? Quand, et où, a-t-il été annoncé, et écrit, que les accords sociaux devaient se traduire par des baisses de production ? Car si les journalistes sont touchés, les Parl le sont aussi ! Il faut le savoir : l'accord Parl se traduit par des réductions d'antenne !
Ce que voient, ce qu'entendent les salariés, et donc ce que voit et ce qu'entend le SNJ, c'est que la Direction générale prépare des choses, et transmet des consignes à l'encadrement. Voilà le niveau d'information dans lequel nous sommes tenus.
 
Ces « choses » là sèment une émotion considérable, y compris dans l'encadrement.
Dans ce genre de situation, quand une espèce d'omerta va de pair avec un luxe de consignes confidentielles, certains messages se perdent dans la nature, allez savoir pourquoi. On appelle ça des fuites. Le personnel des locales vit de rumeurs, de documents égarés, de faxes arrivant malencontreusement dans une pile de communiqués.
Le document que nous avons décidé de publier explique tout cela avec un luxe de détails.
Il montre :
 
Qu'un plan d'économie a été décidé au printemps, précis, avec des tableaux, et communiqué en juin à l'encadrement. Nous n'en avons pas été informés autrement que par l'émotion « informelle » qu'il a suscité dans les stations.
 
Que ce plan a été revu, et qu'un autre, plus doux, a été mis en place provisoirement. Les CE ont eu, très partiellement parfois, la présentation du second plan, sans savoir que le premier, le plus dur, serait de rigueur en janvier.
 
Qu'une stratégie de communication a été mise en place pour rendre les choses « présentables », donc pour éviter les vagues
 
Qu'une prime variable est à l'étude, ce qui n'est pas choquant en soi, mais que le « mérite » en question, au moment où l'on demande à chacun d'accepter l'austérité, aboutira à ce qu'un Directeur ayant réduit les moyens de sa station sera mieux payé qu'un autre, qui l'aura défendue. Ce « mérite » est scandaleux.
 
 
A propos du texte lui-même, notons que :
 
Les locales sont des Landernaus. En somme des endroits pittoresques où se croisent des santons de la crèche radiophonique.
 
Les Landernaus seront rabotées par le bas. La direction note « d'importantes disparités entre les stations ». La question n'est pas tabou. Effectivement, il existe des « disparités » criantes. Certaines stations sont sous dimensionnées (par exemple les micro locales aux effectifs grotesques). Il faut donc corriger les erreurs historiques. Mais corriger ne veux pas dire persister dans l'erreur. La faute ne fut pas d'ouvrir des stations disposant du minimum de moyens mais de créer des stations du quart-monde. L'erreur ne fut pas de donner les moyens minima aux « grosses ». Elle fut de « planter des drapeaux » sans s'inquiéter de savoir si les drapeaux étaient aussi des radios. Apurer la situation ne peut pas consister à appauvrir tout le monde au nom de la misère. Autre « détail » : On ne peut pas lancer un tel chantier à minuit moins le quart, en profitant d'un accord social.
 
La Direction envisage froidement « d'adapter les objectifs d'antenne ». Donc de les réduire. La représentation nationale, constituée d'élus issus des « Landernaus » de France, sera heureuse d'en avoir confirmation, en dansant la bourrée.
 
Re-dégustons, pour le plaisir, ce bijou, à propos du budget de chaque locale tel qu'il a été présenté en CE, et tel qu'il sera réellement dans trois mois : «… (la "souplesse" aura disparu en 2007 et certaines délégations devront de surcroît "mettre au pot commun", au-delà de leurs propres intégrations) mais cela laisse plus de temps pour (se) préparer correctement. C'est aussi plus présentable aux CE et aux stations… 
 
Enfin une dernière observation, qui touche au fond du problème : Si la Direction est contrainte de « mutualiser » les efforts, comme elle le dit de façon plaisante, c'est qu'elle est prise à son propre piège. Le SNJ, au nom des journalistes, avait analysé les problèmes d'effectif que pourrait poser la titularisation de quarante cinq précaires. A Radio France, donc dans une société qui compte une cinquantaine de rédactions différentes, c'est naturellement le besoin collectif de remplacement des journalistes absents (pour causes diverses : congés, maladies, grossesses, etc.) qui crée un besoin constant de « remplaçants », pigistes ou CDD. C'est mécanique. Imparable. Mais ce besoin constant ne peut pas s'analyser station par station. Telle station peut « subir » une jambe cassée ou une grossesse une année, et pas l'année suivante. Si mutualisation il devait y avoir, c'était forcément la mutualisation du remplacement dans sa globalité, et pas station par station. Il fallait donc créer des brigades régionales de remplaçants titulaires, comme nous le demandions. Ses journalistes seraient intervenus en fonction des besoins, au cas par cas. La Direction n'en a pas voulu. Nous avons ensuite proposé que les postes soient crées dans les Locales qui comptabilisent plusieurs équivalents temps plein précaires par an. C'est à dire là où ils sont un apport quotidien et indispensable au fonctionnement d'une rédaction. Là aussi la Direction n'a pas voulu. Tant pis pour elle. Ce n'est pas au personnel de payer ses entêtements. Elle découvre que son approche (un journaliste, une station) est inapplicable. Elle invente donc l'appauvrissement général, ce qui est une catastrophe.  Nous-nous y opposerons de toutes nos forces.
 

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29 Août 2006
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